Le sac de frappe en boxe thaï

sac de frappe

De la résistance à la douleur… En combat ou en entrainement sur un sac de frappe, le boxeur Thaï met toute son énergie dans ses coups.

Se battre avec un sac de frappe comme adversaire !

Pour comprendre, il fallait regarder mieux… En isolant du contexte les visages des boxeurs thaïs enduits de vaseline afin de faire glisser les coups. L’expression était détachée, mais pas froide. Les yeux avaient conscience de tout l’ensemble. Sans rien avoir d’exorbité les traits somatiques ne laissaient transparaitre aucune émotion… Ni rage ni pitié, ni peur ni mépris, ni passions ni doutes… Comme sur le visage du Bouddha, impénétrable et détaché du « terrestre ».

Car plus le boxeur thaï sera proche du Bouddha, plus son adversaire sera confronté à une sérénité désarmante. Ainsi, il ne pourra lire la moindre perplexité, faiblesse ou colère. Il sera comme s’il combattait contre un sac de frappe animé. La boxe thaïe devient comme la vie, le sport le plus rude, un combat qui ne s’arrête pas au son du gong et qui se poursuit tout au long de l’existence. L’art de la boxe thaïe est un chemin qui, au prix de beaucoup de sueur, mène à l’esprit. Et qu’il convient d’entreprendre avec un maître capable de dévoiler où sont le cœur, l’âme et les muscles.

Historique de la boxe thaï

Il y a plus de mille ans, un guerrier thaïlandais qui se retrouvait désarmé sur le champ de bataille n’avait pas pour autant fini de combattre… Son tibia devenait la hampe de la pique avec laquelle il continuait de frapper et de parer. Ses bras tendus en avant, deux épées protégeant sa tête. Tel le fer d’une lance, son poing pouvait décocher une série ininterrompue de coups. Tandis que son coude et son genou, véritables haches de guerre, lui servaient à anéantir la défense de l’adversaire. Son pied, transformé en flèche ou en couteau très tranchant, atteignait les points les plus vulnérables de l’ennemi.

Chaque partie du corps était une arme. Selon l’art martial thaïlandais connu sous le nom de boxe thaïe, ou muay thaï. Le terme le plus ancien se référant à la boxe thaïlandaise est « mai si sok ». Devenu « pahuyuth » à l’époque Ayuthia (1350-1767) et « muay tai » au milieu de l’ère Rattanakosin (de la fin du XVIIe siècle jusqu’à nos jours). On commença à l’appeler « muay thaï » seulement quand le Siam prit le nom de Thaïlande. Pour s’entraîner à frapper efficacement, le sac de frappe fit sont apparition.

Les origines de la boxe thaï

Les origines de la boxe thaïe s’avèrent indissolublement liées à celles du peuple thaï et renvoient à deux hypothèses. L’une veut que l’art martial se soit développé quand l’expansion chinoise contraignit les Thaïs à émigrer de la Chine dans la vallée Chao Phraya… Le territoire baptisé par la suite Siam. D’après l’autre, les Thaïs se trouvaient déjà sur ces terres et élaborèrent la boxe thaïe pour se défendre contre les perpétuelles invasions. Ces sources font référence à des écrits birmans et cambodgiens, ainsi qu’aux récits des premiers visiteurs européens à Chiangmai (royaume de Lan Na, 1500-1600).

Le Chupasart est le plus ancien manuel d’instruction du jeune guerrier en matière de techniques de combat aux couteaux, épées, lances, haches, l’arc, mais aussi à mains nues. On a cependant du mal à effectuer une reconstitution historique du muay thaï. Car bon nombre de textes sur ce sujet ont été brûlés lors de l’invasion birmane du Siam. La première citation remonte au règne du roi Naresuen le Grand (1590-1605), dont l’histoire présente également deux versions.

  • Selon la première, le souverain prisonnier durant des années en Birmanie (patrie de la boxe thaïe pour beaucoup d’historiens et de spécialistes) aurait appris l’art du combat. Puis, une fois rentré en Thaïlande, l’aurait enseigné en lui donnant le nom de muay thaï.
  • La seconde, plus chauvine, décrit le roi comme un héros national. Il aurait été retenu captif par les Birmans, aurait dû affronter des lutteurs locaux pour pouvoir se libérer. Et serait retourné dans sa patrie après les avoir vaincus.

Un « art royal » …

La boxe thaïe est qualifiée d’« art royal », car l’histoire thaïlandaise a souvent vu ses souverains pratiquer le combat à mains nues. Ou bien en être de fervents adeptes, et donc d’éminents promoteurs. Parmi les nombreux rois qui s’illustrèrent dans ce domaine, le plus célèbre reste Pra Chao Sri Sanpetch VIII, 29ème roi de Krung Sri Ayuthia. Il fut surnommé le « Roi Tigre », ou Pra Bouddha Chao Sua, en raison de son agressivité pendant les rencontres.

Le souverain adorait les combats de boxe thaïe, mais dans la mesure où la loi prescrivait d’exécuter quiconque l’aurait touché. Le fait qu’il sorte à chaque fois vainqueur laissait supposer que ses victoires étaient facilement remportées. Face à des adversaires préférant la défaite à une condamnation à mort. Le Roi Tigre décida alors de combattre incognito. Et, accompagné seulement d’un entraineur et de ses assistants, il partit à pied pour le temple de Ban Pajanta, dans le district de Viset Chainchan, où une rencontre de boxe thaïe aurait eu lieu dans le cadre d’une célébration.

Le Roi Tigre incognito

S’étant présenté comme un boxeur thaï inconnu en provenance de la Ville, il demanda affronter le champion local. Il réussit à le battre en le mettant KO. Il continua ainsi de défier tous les champions, quel que soit leur poids, jusqu’à ce qu’il remporte la victoire sur le meilleur du royaume. Le roi aimait tellement cet art qu’il imposa également sa pratique à l’armée, en exigeant même, puisque le pays était en paix, que cette dernière se livre à des entrainements constants.

De passe-temps, la boxe thaïe devint vite un sport très populaire. Chaque village avait son champion, et des gens de toutes les origines sociales se pressaient pour pouvoir assister aux combats à primes. L’habitude consistant à parier, prit bien entendu, elle aussi racine. Cette pratique fait encore aujourd’hui partie du charme du monde de la boxe thaïe. Devenu un sport populaire, la boxe thaïe atteignit le sommet de sa popularité sous le règne de Rama V, et le roi reconnut la valeur de nombreux combattants en leur décernant des titres militaires : Muen muay Mee Chue, ou Muen muay Man Mudh, quasiment intraduisibles, équivalents de « Commandant de combat ».

Le recrutement des boxeurs Thaïs

Le commandement royal disposait de véritables talent scouts qui sillonnaient les provinces à la recherche de nouveaux champions. Ce qui fait que les gains empochés arrivèrent progressivement aux niveaux actuels. Les combats se déroulaient sur la place du village, dans une cour ou tout autre espace utilisable. Le temps du combat était calculé à l’aide d’une coque de noix de coco percée qui, plongée dans un tonneau rempli d’eau, marquait en tombant dans le fond l’arrêt de la rencontre signalée par le tambour. L’introduction du ring à cordes et de l’horloge pour mesurer le temps datent du roi Rama VI. De nos jours en Thaïlande, quand la télévision diffuse un match de boxe thaïe, les rues sont désertes : tout le monde, hommes et femmes, suivent fidèlement le muay thaï depuis leur plus tendre enfance pour l’apprendre et l’imiter.

Le site mon-sacdefrappe.com est une référence en sac de frappe.